É

tienne se retourna pour regarder à nouveau le mur.

« Oh, comme j’ai peur ! » se lamenta-t-il. « Je ne sais pas si je vais pouvoir y arriver ! »


« Tu discernes bien mais tu manques de confiance : ta foi est faible ! La vision et la foi doivent fonctionner ensemble » dis-je. « Il y a une raison à ta faible foi... »


« ...Oh, dis-la moi, s’il te plaît ! Y a-t-il quelque chose qui aidera ma Foi à grandir en même temps que ma Vision ? »


« Oui ! La Foi provient de la véritable Connaissance de Sagesse.
Tu dois connaître Son véritable Nom. Connaître Son Nom te donnera suffisamment de Foi pour escalader ce mur et atteindre la Liberté.

Plus tu connaîtras Son Nom, plus tu seras capable de vaincre les grands obstacles et de passer les barrières. Un jour, tu connaîtras Son Nom en plénitude et tu déplaceras les montagnes ! »


« Mais quel est Son Nom ? » supplia Étienne.


« Son Nom est Jésus ! »


L’incrédulité sembla l’envelopper. Étienne regarda par terre, puis releva la tête.

J’observai la bagarre que se livraient son cœur et sa pensée. Nos yeux se croisèrent, et à mon grand soulagement, son regard reflétait encore l’Espérance : je sus qu’il avait écouté son Cœur.


« C’est bien ce que je supposais » dit-il. « En fait, pendant tout le temps où tu me parlais, je pressentais que tu allais dire cela ; je sais que tu me dis la Vérité.
Mais... moi aussi, j’ai quelques questions... Puis-je te les poser ? »


« Bien sûr ! »


« J’ai connu beaucoup de gens qui utilisent le Nom de Jésus, mais qui ne sont pas libres. Ce sont même les gens les plus captifs que j’ai connus ici ! Pourquoi ? »


« C’est une bonne question ! Je vais simplement te raconter ce que j’ai appris dans mon propre voyage. Je crois que chaque cas est différent.

Il y a beaucoup de gens qui connaissent Son Nom, mais ne Le connaissent pas réellement. Au lieu de chercher à se rapprocher de Lui pour se laisser transformer en Le voyant comme Il est, ils tentent de Le réduire à leur image. Connaître le Nom de Jésus va beaucoup plus loin que de savoir simplement épeler Son Nom ou Le prononcer. C’est connaître Qui Il est vraiment, et la vraie Foi provient de cela ! »


Je pouvais lire le doute dans les yeux d’Étienne mais c’était le bon doute... le doute de celui qui a envie de croire plutôt que d’être incrédule.

Je continuai :
« Il y a d’autres personnes qui aiment vraiment Jésus, commencent à Le connaître en toute sincérité, mais restent prisonnières : ce sont celles qui laissent les blessures ou les fautes vécues pendant leur voyage, les tirer en arrière.
Elles ont bien goûté à la liberté, mais elles sont retournées en prison, à cause des déceptions ou des échecs de leur vie.
Tu peux facilement les reconnaître parce qu’elles parlent toujours du passé et non de l’avenir. Si elles voulaient avancer selon leur Vision, elles n’auraient pas ce besoin de regarder en arrière. »


« Oui... J’en ai rencontré beaucoup... » remarqua Étienne.


« Pour avoir la réponse à ta question, tu dois comprendre une chose qui te permettra d’entrer dans ton Appel : ne jamais être sensible à la désapprobation ou à l’incitation de qui que ce soit utilisant le Nom de Jésus.

Nous ne sommes pas appelés à mettre notre Foi dans le peuple du Seigneur, mais dans le Seigneur Lui-même. Même les plus grandes âmes risquent de te décevoir, simplement parce qu’elles sont humaines ! Beaucoup de ceux dont je viens de te parler ont eu cette possibilité de réaliser leur Appel. Le Discernement et la Foi peuvent toujours être restaurés chez les gens les plus déçus et découragés : voilà ton travail de chasseur de trésors !

Nous n’avons pas le droit de mettre de côté qui que ce soit, car tous les hommes sont des Trésors pour le Seigneur ! Saches donc que si tu veux Le connaître, Lui, et marcher dans la Foi, il ne t’est pas possible de L’apprécier au travers des Siens, qu’ils soient les meilleurs ou les pires. »


« J’ai toujours pensé à Jésus comme l’Homme de Dieu blanc. Il n’a jamais paru faire beaucoup pour notre peuple... »


« Il n’est pas un Homme de Dieu blanc ; d’ailleurs, Il n’était même pas blanc Lui-même ! Il n’est pas non plus un homme de Dieu noir. Dieu a créé tous les hommes, et quelle que soit leur couleur, Il est le Seigneur de tous.

Quand tu commences à Le regarder comme le Dieu d’un groupe particulier, tu L’as grandement limité dans ce qu’Il est, et de ce fait, tu réduis complètement ta propre Vision. »



FOI ET OBÉISSANCE


J’observai en silence Étienne ; dans son Cœur, il se débattait avec de nombreuses autres choses.

Je percevais toujours la Présence de Sagesse et je savais que Sa Personne pourrait les lui expliquer beaucoup mieux que moi.


Étienne leva enfin les yeux : ils étaient plus vifs et lumineux que jamais !

« Je sais que tous les problèmes dans lesquels je me suis débattu, n’ont rien à voir avec ce que Jésus est, mais ont trait à ce que les gens disent qu’Il est. Je sais que ce que tu dis est la Vérité. Je sais que Jésus est Celui qui m’a donné la capacité du Discernement spirituel et Celui qui est Sagesse ; oui, c’est vrai, il faut que je découvre pour moi-même Qui Il est vraiment ; il faut que je Le recherche ; il faut que je Le serve.

Mais je sais aussi qu’Il t’a envoyé ici pour m’aider à prendre le bon départ ! Alors maintenant, qu’est-ce que je fais ? »


« Sagesse est ici maintenant » commençai-je. « Tu L’entends quand je te parle, tout à fait comme je L’ai entendu me parler à travers toi. Tu connais déjà Sa Voix. Il est ton Professeur. Il te parlera à travers différentes personnes, même parfois à travers des gens qui ne Le connaissent pas. Sois prompt à écouter afin de Lui obéir !

La Foi et l’Obéissance sont une seule et même chose. Il n’y a pas de vraie Foi sans Obéissance et si tu as cette Foi, tu obéiras toujours... Tu dis que tu veux servir le Seigneur : cela veut dire que tu ne vas plus vivre pour toi-même, mais pour Lui.

Dans la Présence de Sagesse, tu connais la différence entre ce qui est juste et ce qui est faux. Quand tu connais Sagesse, tu comprends aussi ce qui est mauvais. Tu dois refuser tout ce qui est mauvais - accompli dans le passé, comme tout ce qui pourrait te tenter dans l’avenir. Tu ne peux pas vivre comme les autres... Tu es appelé à être un Soldat de la Croix !

Quand tu es né de nouveau afin de commencer une Vie nouvelle, tu as accueilli Sagesse ; tu as reçu le Seigneur Jésus en plénitude ; les yeux de ton Cœur ont été alors illuminés, la Paix et le Repos ont inondé ton âme. Sagesse t’a parlé pendant un certain temps, t’a guidé, t’a enseigné ; maintenant Jésus vit en toi. Il ne te laissera jamais, cependant Il n’est pas à ton service, mais c’est toi qui es au Sien ! »


« Je La perçois ! » reconnut Étienne. « Mais, comme je voudrais Le revoir ! »


« Tu peux Le voir avec les yeux de ton Cœur à chaque instant : c’est là ta Vocation, Le voir plus clairement et Le suivre de plus près ! Voilà la raison de ton Voyage ! Tu apprendras à connaître Son Nom et la Puissance de la Croix. Quand tu auras été formé, tu reviendras ici avec Puissance et tu contribueras à la libération de beaucoup de captifs. »


« Seras-tu encore ici ? »


« Je l’ignore. Tantôt j’ai du travail ici, et tantôt j’en ai là, pour en aider d’autres dans leur Voyage. Il est possible que je te rencontre à nouveau là où tu vas...

Moi aussi, j’accomplis mon propre Voyage. Il y aura de nombreuses Portes que tu devras franchir dans ton Voyage. Tu ne sauras jamais où elles te conduiront. Quelques-unes peuvent te ramener ici. D’autres peuvent t’emmener au désert que chacun doit traverser. D’autres Portes encore, ouvrent sur de glorieuses Expériences célestes et il est tentant de les rechercher. Mais ce ne sont pas celles dont nous avons besoin, pour accomplir notre Appel.

Ne choisis pas les Portes d’après leur apparence, mais sollicite toujours l’aide de Sagesse. »


Étienne porta son regard sur le Mur et je remarquai qu’il souriait.

« Eh bien, oui... Je peux escalader ce Mur, maintenant » dit-il.

« J’ai envie de relever le défi : j’ai encore un peu peur mais, au fond, qu’importe ! Je sais que je peux l’escalader et ne veux plus attendre pour découvrir l’autre côté ! Je sais que je suis libre, je ne suis plus prisonnier !! »


Je marchai avec Étienne jusqu’à la première clôture.

Il fut surpris de découvrir qu’elle était trouée et ne résistait absolument pas à la pression de sa main - car il pouvait faire de nouveaux trous !

« Mais de quoi sont-elles faites, ces clôtures ? » demanda-t-il.


« D’illusions... » expliquais-je. « Chaque fois que quelqu’un s’échappe à travers elles, un “trou” est fait pour permettre à d’autres de sortir. Tu peux passer à travers les trous existants ou en faire un toi-même. »


Étienne choisit un endroit où il y avait d’épais fils de fer barbelés, s’avança tout droit, tendit ses bras en avant pour ouvrir un large trou en passant.

Je savais qu’il reviendrait un jour pour en conduire beaucoup d’autres à travers le trou qu’il venait de faire. Le voir agir ainsi était une véritable joie pour moi !


Je perçus très fortement la Présence de Sagesse ; je savais que j’allais voir Sa Présence si je me retournais. J’avais raison ! La grande joie que j’éprouvais en moi-même, était aussi lisible sur Son Visage !



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