6. La Prison
Auteur: Rick JOYNER, ajouté le mardi 1 janvier 2002
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l’auteur a la Vision d’une Prison où il rencontre diverses personnes
qui ne savent pas qu’elles sont « prisonnières »
et aveugles et victimes d’utopies sauf...
e me trouvai soudain debout dans la grande cour d’une prison, ceinturée de murs énormes ; je n’en avais jamais vus de semblables.
Ces murs s’étendaient à perte de vue ; ils étaient très épais et hauts d’une centaine de mètres. Ils étaient renforcés par une clôture et une haie de fils de fer barbelés. Au sommet du mur, tous les trente mètres, il y avait des tours de garde avec leur gardien mais ils étaient beaucoup trop éloignés pour que je puisse bien les observer.
Il faisait gris et sombre ; la masse des gens, qui se tenaient dans la cour de la prison, reflétait parfaitement la tristesse du lieu.
Les gens assis formaient de partout des groupes homogènes : les vieux d’un côté, les jeunes d’un autre et, parmi les vieux comme parmi les jeunes, les hommes blancs étaient d’un côté, les noirs d’un autre ; les femmes étaient à part et il en était de même pour chaque race.
Tous ceux qui avaient des caractéristiques particulières se retrouvaient groupés selon ces items - exceptés les plus jeunes enfants. De nombreuses personnes circulaient entre les groupes. Il me semblait qu’elles cherchaient à trouver leur identité en découvrant le groupe auquel elles ressemblaient le plus. Il était clair toutefois que ces groupes ne se laissaient pas rejoindre facilement.
Je regardai avec attention ces gens et je découvris qu’ils avaient tous de profondes blessures, et beaucoup de cicatrices et balafres.
Tous semblaient être mal-voyants, à l’exception des enfants. Ces gens voyaient tout juste assez pour se maintenir dans leur propre groupe et là encore, ils restaient constamment à l’affût de la plus petite différence : quand ils la trouvaient chez quelqu’un, ils l’agressaient. Ils paraissaient tous affamés, assoiffés et malades.
Je m’approchai d’un homme âgé et lui demandai pourquoi ils étaient tous en prison.
Il me regarda surpris, affirma qu’il n’était pas en prison et me demanda la raison d’une question aussi stupide ! Je lui montrai les barrières et les gardes et il rétorqua :
« Mais quelles barrières et quels gardes ? »
Il me dévisageait comme si je l’avais insulté ; je compris que lui demander quelque chose de plus, risquait de le rendre fou furieux !
Je posai la même question à une jeune femme et reçus la même réponse.
Je réalisai qu’ils étaient tous mal-voyants et ne pouvaient voir ni les barrières ni les gardes ; ces gens ne savaient même pas qu’ils étaient captifs !
LE GARDE
Je voulus interroger un garde afin de savoir pourquoi ces gens étaient prisonniers.
Je m’avançai vers les clôtures et je m’aperçus qu’elles étaient trouées, donc très facilement traversables ! Quand j’atteignis le mur lui-même, je découvris l’irrégularité de sa construction et la facilité avec laquelle j’allais pouvoir l’escalader. N’importe qui aurait pu facilement s’échapper, mais personne n’en avait l’idée :
chacun ignorait qu’il était captif !
Lorsque je parvins au sommet ma vue portait très loin et j’aperçus les rayons du soleil, bien au delà des murs...
Le soleil ne brillait pas dans la cour de la prison à cause de la hauteur du mur d’enceinte et des nuages.
Là-bas, dans la cour de la prison, je voyais des feux près des groupes d’enfants ; leur fumée s’élevait en nuages épais qui, en s’ajoutant à l’ombre portée des murs, obscurcissaient l’atmosphère déjà lourde et triste. Je me demandais bien, ce qui pouvait brûler ?
Je marchai sur le sommet du mur jusqu’au poste de garde.
Je fus étonné de trouver le garde, vêtu d’une robe à rabat indiquant sa fonction d’homme d’église.
Il n’était pas surpris de me voir car il devait me prendre pour un autre garde...
« Monsieur, pourquoi ces gens sont-ils en prison ? » demandai-je. Cette question visiblement le surprit, et je vis soudain la crainte et la méfiance tomber sur lui.
« Mais quelle prison !? » répondit-il. « De quoi parlez-vous ? »
« Eh bien, je parle de ces gens dans cette cour... de prison ! » dis-je, tout en constatant en moi un étrange courage. Je continuai : « Vous êtes visiblement un gardien de prison puisque vous vous trouvez dans la maison du garde : mais, pourquoi êtes-vous habillé ainsi ? »
« Je ne suis pas un garde et ce n’est pas une prison : je suis ministre de l’évangile ! Je ne suis pas leur gardien, je suis leur conducteur spirituel ! Ce n’est pas une maison de garde, c’est la maison du Seigneur ! Mon fils, si tu crois que tes questions sont drôles... Il n’y a vraiment pas de quoi rire ! »
Il saisit son fusil et semblait prêt à me tirer dessus...
« Oh, je vous en prie, excusez-moi de vous avoir dérangé ! » m’exclamai-je précipitamment - pour lui éviter d’avoir à utiliser son arme...
En m’éloignant, je m’attendais à tout moment, à entendre des coups de feu...
L’homme m’avait paru tellement manquer de sécurité, que je courais le risque s’il se sentait menacé, qu’il ne tire sans réfléchir ! Je veux ajouter cependant qu’il était sincère : il ne savait pas qu’il était gardien.
LA MAÎTRESSE D'ÉCOLE
Je longeai le mur jusqu’au moment où je me sentis assez en sécurité pour pouvoir me retourner et regarder ce ministre de l’évangile.
Il faisait les cents pas, très agité, allant et venant devant sa maison de garde. J’étais surpris que mes questions aient pareillement pu l’inquiéter : de toute évidence, elles l’avaient rendu inquiet mais il était plus bloqué que remis en cause !
Tout en marchant, je cherchais désespérément à comprendre ce qui se passait et je réfléchissais à la formulation de mes questions pour ne pas offenser le prochain garde.
En m’approchant, je fus à nouveau surpris par son apparence : ce n’était pas un autre ministre de l’évangile, mais une jeune femme d’environ vingt-cinq ans !
« Mademoiselle, puis-je vous demander quelque chose ? » m’enquerrai-je.
« Mais certainement ! En quoi puis-je vous aider ? » dit-elle avec condescendance. « Êtes-vous le parent de l’un des enfants ? »
« Non ! » répondis-je. « Je suis écrivain... » réponse que je savais devoir lui donner et par là même, je captai son attention ! Je voulus éviter de renouveler mon erreur précédente, aussi je demandai simplement à la jeune femme pourquoi elle se tenait dans ce lieu, sans mentionner bien sûr, la maison de garde...
Sa réponse fut immédiate et elle parut surprise de mon ignorance :
« Je suis la maîtresse d’école et... ne trouvez- vous pas normal que je sois dans mon école ? »
« ...C’est donc votre école ? » dis-je, en lui montrant la maison de garde.
« Oui.. J’y suis depuis trois ans et j’y serai peut-être toute ma vie : j’aime tellement mon métier ! »
Cette dernière réponse fut automatique et je sus qu’il me serait possible de pousser un peu plus loin l’avantage et d’en savoir plus !
« Qu’est ce que vous enseignez ? ... Pour envisager de passer le reste de votre vie dans ce métier, cela doit être passionnant ! »
« J’enseigne les matières scientifiques et sociales. C’est mon job de former ces jeunes esprits pour qu’ils aient une vision correcte du monde par une approche logique, morale, métaphysique et psychologique. Ce que je leur enseigne les guidera toute leur vie ! Et vous, qu’écrivez-vous ? » s’enquit-elle.
« Des livres... » répondis-je, et je repris : « J’écris des livres pour la formation de dirigeants » car je prévoyais la question suivante. Je savais, que de toutes façons, si j’avais dit des livres pour dirigeants chrétiens, notre conversation aurait tourné court ; aussi, sembla-t-elle très intéressée par cette réponse.
« La formation des dirigeants est un sujet très important »affirma-t-elle d’un petit air condescendant. « Les changements se produisent si rapidement qu’on doit avoir les outils adéquats pour manager et bien conduire ces changements dans la bonne direction...
« ...la bonne direction ? » demandai-je.
« Oui, vers la prospérité qui découle de la paix et de la sécurité ! » répondit-elle, surprise de ce que je puisse poser une telle question.
« Je n’ai pas l’intention de vous ennuyer » répondis-je, « mais je suis intéressé par votre vision sur ce sujet. Selon vous, quel est le meilleur chemin pour obtenir cette paix et cette sécurité ? »
« Mais par l’éducation, bien sûr ! Nous sommes ensemble sur la même galère Terre et nous devons nous en accommoder. Par l’éducation, nous libérons les masses de leur mentalité tribale d’hommes des cavernes. Nous sommes tous semblables et si, chacun, nous travaillons pour la société, nous avançons tous ensemble ! »
« C’est intéressant... mais... » répondis-je, « ...nous ne sommes pas tous semblables, et il faut aussi remarquer que l’ensemble des gens est de plus en plus divisé et individualiste ! Ne pensez-vous pas devoir un petit peu modifier votre... affirmation ? »
Elle me regarda à la fois surprise et troublée, mais pas un seul instant elle n’envisagea de prendre en considération la véracité de mon dire !
« Monsieur, mais... êtes-vous complètement aveugle ? » dit-elle enfin.
« Non ! Je crois que je vois tout à fait clair » répondis-je. « Je viens de finir une mission et j’ai eu de nombreux contacts : je n’ai jamais rencontré autant de divisions et d’animosité entre les gens. Il me semble que les conflits entre les personnes sont pires que jamais. »
Mes affirmations furent comme des gifles pour cette jeune femme : elle n’en croyait pas ses oreilles et ne pouvait envisager qu’il pût y avoir quelque vérité dans mes paroles !
Je l’observai : elle était si mal-voyante qu’elle me voyait à peine et elle se trouvait dans une tour si élevée qu’elle ne pouvait pas apercevoir les gens en contre-bas ; elle ne discernait pas réellement ce qui se passait, mais elle était sincère en pensant qu’elle était capable de tout voir !
« Nous sommes en train de changer le monde, voyons ! » dit-elle de façon méprisante. « Nous sommes en train de changer les gens ! S’il y a des personnes qui agissent comme des bêtes, comme vous le décrivez, eh bien, nous les changerons aussi ! Nous prévaudrons ! L’humanité l’emportera. ! »
« C’est vraiment un très grand défi pour quelqu’un d’aussi jeune que vous ! » remarquai-je.
Elle se cabra devant cette affirmation, mais avant qu’elle ne puisse répondre, deux femmes apparurent, marchant en direction de la porte de la maison de garde, sur le sommet du mur.
L’une était une femme noire dans la cinquantaine, tandis que l’autre était une femme blanche, très bien habillée et dans la trentaine. Elles conversaient en marchant et toutes deux paraissaient confiantes et dignes. Elles n’étaient pas mal-voyantes et c’est pourquoi elles purent atteindre le sommet du mur.
À ma surprise, la jeune institutrice saisit son fusil, sortit de la maison de garde et vint à leur rencontre pour leur interdire d’approcher. Elle les salua à peine, d’un air supérieur pour les impressionner. Les deux femmes devinrent étonnement timides et presque trop respectueuses devant cette toute jeune-femme.
« Nous sommes venues vous demander quelque chose concernant l’enseignement reçu par nos enfants, car nous ne le comprenons pas » affirma la femme noire avec courage.
« Oh, mais je suis persuadée que vous ne pouvez pas comprendre la majeure partie de l’enseignement... » répondit l’enseignante avec condescendance. Les femmes étaient obnubilées par le fusil de la maîtresse qui le tenait ostensiblement pointé sur elles.
Je me tenais là, médusé par ce qui se passait.
La jeune enseignante se tourna vers moi et me regarda avec nervosité : elle avait peur que je ne parle à ces femmes et me demanda de partir - tout en maintenant son doigt sur la gâchette du fusil.
Les femmes levèrent alors les yeux, cherchant à voir à qui elle s’adressait ; je pris conscience de leur incapacité à m’apercevoir : la peur qui les habitait les avait rendues aveugles !
J’interpellai ces femmes pour les encourager à croire ce qu’elles percevaient dans leur cœur. Elles se tournèrent dans ma direction comme si elles n’entendaient que du bruit, car elles perdaient la capacité de saisir les paroles.
Voyant cela, la jeune maîtresse sourit.
Elle braqua alors son fusil vers moi et donna un coup de sifflet : j’étais perçu comme étant le plus dangereux des êtres vivants !
Je sus que je ne pouvais attendre l’arrivée de la personne alertée par ce coup de sifflet, quelle qu’elle fût.
Je réalisai aussi qu’un seul pas en arrière me ferait sortir du champ de vision de cette jeune enseignante, et m’apporterait la sécurité. Je m’en allai donc ; elle hurla... utilisa son sifflet... et fut à la fin si furieuse qu’elle commença à tirer sur les deux femmes.
Sur le sommet du mur entre les deux postes de garde, je réfléchissais à tout ce qui se passait, quand je perçus la présence de Sagesse.
« Tu dois retourner dans la cour de la prison !
Je serai avec toi.
Saches que tu as toute la Vision (La vue, la vision naturelle dont il a été question dans ce chapitre sous-tend et introduit la Vision surnaturelle, le discernement spirituel détaillé dans le chapitre suivant.N.D.T.) pour échapper à quelque piège et à quelque arme que ce soit.
Rappelle-toi seulement que la peur aveugle !
Quand tu marches dans cette certitude que Je suis avec toi, tu trouves toujours la porte de sortie. Tu dois aussi avoir la prudence de ne révéler ta vision qu’à ceux vers lesquels Je te conduis.
Le discernement spirituel est ce que les gardes craignent le plus !
Je sais que tu as beaucoup de questions à me poser,
mais les Expériences que tu feras là-bas seront les meilleures Réponses pour toi. »
Chapitre suivant : 7. Le jeune Apôtre
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