« La chrétienté n’a pas créé la Shoah, mais la chrétienté l’a rendue possible. En fait, le nazisme était anti-chrétien, mais sans l’antisémitisme chrétien, la Shoah aurait été inconcevable...

Hitler et les Nazis ont trouvé, dans la législation anti-juive catholique médiévale, un modèle pour la leur, et ils ont apprécié et réimprimé les virulents écrits antisémites de Martin LUTHER.
Il est très instructif de constater que la Shoah a été déclenchée par le seul pays en Europe qui comptait autant de catholiques que de protestants. Les deux traditions étaient saturées de haine contre les Juifs . » 1]


« Pendant presque deux mille ans... le monde chrétien a déshumanisé le Juif sans répit, rendant possible la Shoah, ultime conséquence de cette déshumanisation. Beaucoup de Nazis étaient anti-chrétiens (et le nazisme lui-même était anti-chrétien) et ils étaient tous pourtant, comme le philosophe juif Eliezer BERKOVITZ l’a fait remarquer, des enfants de chrétiens. » 2

Chrétiens ?
Des enfants de chrétiens ?
Le monde chrétien ?
Comment cela a-t-il pu se faire ?

Bien sûr, nous pourrions dire que si ces gens étaient de vrais chrétiens, s’ils étaient vraiment nés de nouveau, jamais ils n’auraient pu faire des choses aussi diaboliques.

C’est vrai ! Mais ce n’est pas si simple qu’il y paraît...

Des dirigeants chrétiens qui semblaient être si « chrétiens », si semblables au Christ dans leur travail et leurs actions, avaient aussi une grande faiblesse flagrante : ils calomniaient pernicieusement les Juifs ! Quelquefois, ils allaient jusqu’à approuver la violence contre les Juifs...

Ceux qui se prétendaient être les frères et sœurs du Seigneur selon l’Esprit, attaquaient Ses frères et sœurs selon la chair... Et cette histoire dramatique n’est pas encore terminée !



  • Mais tout d’abord, revenons en arrière. Il se peut que ce que vous allez lire soit pour vous intolérable... mais c’est la vérité !

Écoutez Raul HILLBERG, un des principaux spécialistes de la Shoah :

« Depuis le quatrième siècle après Jésus-Christ il y a eu trois politiques contre les Juifs : la conversion forcée, l’expulsion et l’annihilation. La seconde est apparue comme une alternative à la première, et la troisième comme une alternative à la seconde...

Les missionnaires de la chrétienté avaient dit en effet : Vous n’avez aucun droit de vivre “parmi nous en tant que Juifs !”

Les dirigeants séculiers qui ont suivi, ont proclamé : Vous n’avez aucun droit de vivre “parmi nous” !

Les Nazis ont finalement décrété : Vous n’avez aucun droit de vivre !

Le processus a commencé avec la tentative de faire entrer les Juifs dans la chrétienté. Cela a continué en forçant les victimes à s’exiler. Puis, enfin les Juifs ont été conduits à la mort...

Les Nazis allemands, alors, ont intégré le passé, ils ont construit sur cette base. Ils n’ont pas déclenché un processus, mais ils l’ont achevé. » 3


Bien sûr, Israël n’a ni été parfait ni irréprochable ! La Bible elle-même est remplie de paroles de remontrance de Dieu pour Son peuple.

  • Le Seigneur avait dit à Moïse :

Israël est un peuple à la nuque raide.

Exode 32, 9

et Il a informé Ézéchiel le prophète, que les nations païennes, elles l’auraient écouté s’il leur avait été envoyé :

...mais la Maison d’Israël ne voudra pas t’écouter, car ils ne veulent pas M’écouter ; c’est que toute la maison d’Israël a le front endurci et le cœur obstiné.

Ézéchiel 3, 7.

  • Les Évangiles témoignent des conflits successifs entre Jésus et les dirigeants de son peuple, et les Actes des Apôtres attestent que les premiers croyants étaient persécutés par des groupes juifs qui les injuriaient. 4

En effet, nous devons le reconnaître : Moïse et Ézéchiel, les Prophètes et les Apôtres ainsi que Jésus Lui-même, étaient tous des Juifs. En réalité, chacun des « fondateurs des églises du Nouveau Testament » était né et mort juif !

Jésus a été un peu plus loin : Jésus est né - est mort - est ressuscité juif !

Toutes les remontrances, toutes les critiques, tous les reproches élevés contre le peuple juif dans les Écritures, ont été faits par leurs propres compatriotes : le linge sale a été lavé en famille !

Et la raison pour laquelle Dieu a pris un intérêt particulier à discipliner Israël était simple : c’est qu’Il le traitait comme un fils :

...Israël est Mon fils premier-né.

Exode 4, 22 et

Quel est, en effet, le fils que son père ne corrige pas ? Si vous êtes privés de la correction, dont tous ont leur part, alors vous êtes des bâtards et non des fils...

Hébreux 12, 7-8

Les Juifs ont été - et sont - choisis et aimés par le Seigneur !

La discipline du Seigneur envers les membres de Son peuple est la marque de Son Amour pour eux. Ils sont appelés à une Relation unique avec Lui, Relation de Père à fils. La filiation est un grand privilège, et elle comporte de grandes responsabilités. En conséquence, les Juifs ont été - et sont - des personnes qui comptent pour Son Cœur.

Pour paraphraser un dicton populaire juif : « Qui a... choisi d’être choisi ?? »


Mais l’église primitive a très tôt perdu de vue la place particulière d’Israël dans le Cœur de Dieu et l’Amour d’Alliance du Père pour Son fils premier-né.Très rapidement, un « cancer anti-juif » a atteint ses troupes.

La gangrène se répand encore aujourd’hui !

Regardez simplement comme le venin a empoisonné le Corps de Christ : quand vous aurez lu les citations qui suivent, vous comprendrez mieux les raisons qui ont rendu et rendent encore l’église si gangrenée !


  • Remontons dans le temps jusqu’au quatrième siècle...

L’homme dont nous voulons parler n’est autre que Saint Jean Chrysostome, un homme dépeint par le cardinal NEWMAN comme :

« une âme douce, gaie et intelligente, un cœur sensible, un tempérament ouvert à l’émotion et à la création ; et avec tout ceci, élevé, raffiné, transformé par la touche du Ciel, voilà quel homme était Saint Jean Chrysostome. » 5

Il était connu comme l’un des plus éloquents prédicateurs de vérité et d’amour ; son nom même, Chrysostome, signifie « à la bouche d’or ». Cet homme était considéré comme étant l’un des plus grands Pères de l’Église.

Mais d’une certaine façon toute sa compassion, sa sensibilité et sa douceur ont disparu quand il a parlé du peuple juif...

Selon Chrysostome :

« La synagogue est pire qu’un bordel... c’est l’antre de vauriens et le repaire de bêtes sauvages... le temple de démons se consacrant à des cultes idolâtres... le refuge de brigands et de débauchés, et la caverne de diables. (C’est) une assemblée criminelle de Juifs... un lieu de rassemblement pour les assassins du Christ...une maison pire qu’une maison à boire ... un repère de voleurs ; une maison de mauvaise réputation, une résidence d’iniquité, le refuge de diables, un repère et un abîme de perdition... » Quant aux Juifs, Chrysostome affirmait : « Je dirais la même chose de leurs âmes. »

Et il poursuivait... : « Quant à moi, je déteste la synagogue... Je déteste les Juifs pour la même raison. » 6


Mais qu’est-il donc arrivé à l’amour chrétien ?!

Paul avait souhaité pouvoir être maudit à la place de son peuple, les Juifs...
Au lieu de cela, Chrysostome les a maudits !
A quelle destruction ces dramatiques paroles de méchanceté ont-elles conduit par la suite ?

L’historien catholique Malcolm HAY a tout à fait raison quand il dit :

« Des siècles durant, les Juifs ont entendu l’écho de ces trois mots de Saint Jean Chrysostome, l’homme à la bouche d’or : Dieu vous déteste ! » 7

Et ainsi, « la doctrine chrétienne populaire a toujours attesté que quiconque (païen ou chrétien), et ce à n’importe quelle époque, a persécuté, torturé ou massacré des Juifs, a été un instrument de la colère de Dieu. » 8


  • Durant les longues et sombres années du Moyen-Âge, on offrait souvent aux Juifs l’alternative suivante :

baptême ou expulsion,
baptême ou torture,
baptême ou mort.

- Toutes sortes de lois dégradantes ont été édictées contre eux ; il leur était interdit d’avoir de bons métiers : après tout, ils étaient le peuple maudit, ils étaient les assassins du Christ, alors, pourquoi les laisserait-on prospérer ?

- Ils étaient obligés d’écouter les sermons publics humiliants, destinés à leur conversion et... d’ailleurs, n’était-ce pas la sainte obligation de l’église ?

- Leurs enfants étaient kidnappés et baptisés de force et étaient sauvés ainsi des flammes de l’enfer...

- Ils étaient rassemblés et battus, au temps symbolique des célébrations de Pâques, et ils le méritaient bien comme meurtriers du Seigneur !

- Et dans la ferveur et le fanatisme des Croisades, où la racaille de l’Europe se rassemblait pour « libérer » la Terre Sainte des infidèles musulmans, une grande et nouvelle découverte fut faite : il y avait des infidèles qui pouvaient être tués ici-même, dans leur propre arrière-cour ! Alors pourquoi attendre d’arriver en Terre Sainte ?

Ainsi naquit l’affreux slogan :

« Tuez un Juif et sauvez votre âme ! » 9

Cela rappelle terriblement les paroles russes populaires au siècle dernier :

« Byay Zhidov Spassai Rossiyu », c’est-à-dire :
« Abattez les Juifs Zhids et sauvez la Russie ! » 10


  • Et que disaient les dirigeants de l’église à propos de tout cela ?

Il est vrai que les Juifs avaient des amis parmi le clergé catholique, et des noms tels que ceux de Bernard de Clairvaux et du Pape Innocent III se démarquent. Ces hommes ont essayé d’arrêter les meurtres massifs d’hommes, femmes et enfants juifs innocents.

Mais qu’éprouvaient-ils réellement pour les Juifs ?

- Bernard de Clairvaux - un des moines les plus influents qui ait jamais vécu, presque légendaire pour son grand amour de Dieu comme de l’être humain - a accusé tout le peuple juif

« d’une stupidité bestiale et plus que bestiale, d’une intelligence grossière, dense, comme si elle était bovine »,
parce qu’ils ne suivaient pas le Seigneur !

Ils étaient « une mauvaise graine » ;
il n’y avait rien en eux qui ne fût pas « cru et grossier, qu’il s’agisse de leurs occupations, de leurs penchants, de leur compréhension ou même des rituels par lesquels ils adorent le Seigneur. »

Ils étaient :
« une race qui n’avait pas Dieu pour Père, mais ils étaient du diable et étaient des meurtriers, comme ce dernier l’était depuis le commencement. » 11


Et cela venait d’un ami des Juifs ! ?

- Pierre Le Vénérable, contemporain de Bernard de Clairvaux, connu comme étant

« le plus doux des hommes, un modèle de charité chrétienne, considéré comme l’homme le plus amoureux de la paix de son temps, homme de charité sans limites » 12, était habité d’un vilain esprit de haine des Juifs :

« Eh ! vous... Juifs ! Je vous parle et je m’adresse à vous ! Vous, jusqu’à ce jour, vous avez renié le Fils de Dieu... Combien de temps encore, misérables, refuserez-vous la Vérité ?
En vérité, je doute qu’un Juif puisse vraiment être humain...
Je fais sortir de son antre cet animal monstrueux, et je l’exhibe - comme objet de risée à la vue de tous, dans l’amphithéâtre du monde. Je t’expose là, toi le Juif, tout devant la scène du monde, toi espèce de brute, à la vue et au su de tous. » 13

Il n’y a qu’un tout petit pas entre cette description du Juif comme un animal monstrueux et la représentation médiévale du Juif comme un petit diable, avec en plus, des cornes et une queue ! Ce n’est pas surprenant que ces images aient été utilisées par les Nazis. 14


- Et n’oublions pas la contribution unique faite par le pape Innocent III, qui a été le protecteur du peuple juif. Selon lui, les Juifs devaient être condamnés à l’esclavage perpétuel parce qu’ils avaient crucifié le Seigneur !  :

« Les Juifs, contre qui le sang de Jésus Christ témoigne, ne devraient pas être tués, de crainte que les chrétiens oublient la loi de Dieu ; mais ils devraient demeurer des errants sur terre, jusqu’à ce qu’ils soient couverts de honte » 15

Pour le Pape, la misère continuelle de ceux qui ont crucifié le Seigneur, témoignerait de la vérité de la foi chrétienne ; par conséquent, ils devaient être avilis par tous les moyens possibles. Selon Malcolm HAY :

« Le boycott du commerce, l’ostracisme social, l’expulsion de tous les postes d’autorité et de confiance furent les armes économiques essentielles que le pape Innocent III a utilisé avec efficacité contre eux. » 16


Mais rien de tout cela n’était nouveau...

Ce qui était nouveau, c’était d’avoir ajouté une marque de honte, un badge distinctif « qu’ils devaient porter sur leurs vêtements... comme des lépreux ou des prostituées. » Ainsi les Juifs étaient condamnés « à errer sur la face de la terre, sans droits, sauf par grâce exceptionnelle, sans foyer ni sécurité ; traités en tous temps, dans les années de paix et dans les années de persécution, comme s’ils étaient des êtres d’une espèce inférieure. » 17


  • A la lumière de tout ceci, il n’est pas surprenant que Martin LUTHER, dans sa rupture avec l’église catholique, se soit tourné vers les Juifs avec bonté. Il a souligné que Jésus était né Juif et il espérait la chose suivante :

« Peut-être attirerai-je quelques-uns de ces Juifs à la foi chrétienne ? Car nos fous - papes, évêques, sophistes et moines - grossiers et imbéciles ont jusqu’à cette époque traité les Juifs de telle manière que... si j’avais été un Juif et avais vu de tels idiots et imbéciles diriger et enseigner la religion chrétienne, j’aurais préféré être une truie qu’un chrétien ! Car ils ont traité les Juifs comme s’ils étaient des chiens et non des êtres humains... » 18

Ceci a été écrit en 1523.

Vingt ans plus tard, les Juifs ne s’étant pas convertis en masse 19 et LUTHER étant devenu vieux et malade, son cœur changea après avoir lu la littérature anti-chrétienne blasphématoire, écrite par des plumes juives.

À la question qui lui fut posée : « Que ferons-nous, chrétiens, de cette race de Juifs, damnée et rejetée ? » sa réponse fut catégorique :

1. on devrait mettre le feu à leurs synagogues...
2. on devrait, de la même manière, démolir et détruire leurs maisons...
3. on devrait les priver de leurs livres de prière et de leurs Talmuds...
4. on devrait interdire à leurs rabbins d’enseigner désormais, sous peine de mort...
5. on devrait absolument interdire aux Juifs d’avoir un passeport et des privilèges 6. on devrait les empêcher de pratiquer l’usure (facturer des intérêts excessifs sur des prêts)...
7. qu’on donne aux Juifs et Juives jeunes et forts le fléau, la hache, la houe, la bêche, la quenouille et le fuseau afin qu’ils gagnent leur pain à la sueur de leur nez... Nous devrions éliminer les os paresseux et retors de notre système. Par conséquent, débarrassons-nous d’eux...
En résumé, chers princes et nobles, vous qui avez des Juifs dans vos domaines, si ce conseil de ma part ne vous convient pas, alors trouvez-en un meilleur, afin que vous et nous soyons tous libérés de cet insupportable fardeau diabolique : les Juifs. » 20


  • Plus tard, les luthériens ont répudié ces propos méprisables, tout comme l’église catholique a récemment rejeté ses préjugés anti-Juifs. 21 Mais une opinion si répandue, si ancrée, si contagieuse et polluante, une telle haine et un tel préjudice ne disparaissent pas si rapidement.


En 1933 le luthérien allemand Gerhard KITTEL, un des grands spécialistes du Nouveau Testament de l’époque - son dictionnaire théologique du Nouveau Testament est sur les étagères de presque toutes les bibliothèques des séminaires du monde entier - a publié un livre définissant la manière dont son pays devait traiter « la question juive » :

- L’extermination serait peu réaliste. Plus tard, il ajouta que ce ne serait pas chrétien non plus...
- Le sionisme était hors de question : il y avait trop de Juifs pour qu’il soient contenus en Palestine, et de toute façon, les Arabes ne seraient pas heureux de cette situation...
- L’assimilation serait la pire solution de toutes : cela corromprait la race allemande !!!
- Le mieux serait que les Juifs soient forcés d’accepter la discrimination et la diffamation comme étant leur destin ; donc qu’ils soient traités en « invités » dans un pays étranger - des invités assiégés certes, de deuxième classe, bien sûr ! Après tout, ils étaient des Juifs, n’est-ce pas ?

En fait, selon KITTEL, les seuls Juifs authentiques étaient ceux...

« qui dans l’obéissance prenaient sur eux la souffrance de la diaspora... Le judaïsme authentique réside dans le symbole de l’étranger errant sans repos et sans foyer sur la face de la terre. » 22

Et cela était la réponse mûrement réfléchie d’un grand théologien chrétien !!


Selon les termes de Robert P. ERICKSEN :

« KITTEL a ressuscité l’antisémitisme chrétien du Moyen Âge, l’a rénové avec une touche de mysticisme racial contemporain et l’a élevé comme une forteresse chrétienne allemande contre la menace juive... Il proposait des mesures sévères pour traiter (cette menace), et il orientait sa recherche vers la révélation de la dégénérescence juive. En bref, il nageait dans le courant nazi, bien qu’il pût avoir préféré un mouvement différent ! » 23


  • Ce courant a abouti au meurtre des deux tiers des Juifs d’Europe. Les Nazis avaient, en effet, trouvé une meilleure manière d’être « libérés de cet insupportable fardeau diabolique - les Juifs. » 24

Tristement, et pleins de honte, nous pourrions continuer encore longtemps, avec nombre de citations écœurantes à l’appui, donnant exemple sur exemple de cette haine amère contre les Juifs des dirigeants de « l’église ». 25


Mais nous en avons assez entendu ! Maintenant, il faut s’arrêter et réfléchir :


Se pourrait-il que les paroles de quelqu’un d’aussi fréquemment cité que Martin LUTHER - un homme dont les écrits ont déclenché la Réforme Protestante, dont le grand génie a eu un impact si profond sur l’intellect allemand, dont les commentaires sur les Épîtres aux Romains et aux Galates aient aidé à la conversion de John et Charles WESLEY, dont la plume sensible a produit le précieux hymne « Une puissante forteresse est notre Dieu... »se pourrait-il que ses paroles aient aidé à alimenté les feux des fours d’extermination nazis ?


Que les Saints, les Papes et LUTHER lui-même, se lèvent de leurs tombes, pleurent et s’humilient !

L'Église a du sang sur les mains !



Chapitre suivant : 3. Un fleuve magnifique et béni

Page précédente : 1. La solution finale

Table des matières

Bibliographie


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Notes

[1]PRAGER Dennis et TELUSHKIN Joseph WHY THE JEWS ? THE REASON FOR ANTI-SEMITISM Pourquoi les Juifs ? La cause de l’antisémitisme, Simon & Schuster, New York, 1983, p. 104.

  • Le récit qui suit, si écœurant, et pourtant si typique, décrivant les événements qui se déroulèrent à Dzialoszyce, Pologne, le 2 septembre 1942, dépeint la profondeur de la haine des « chrétiens » envers les Juifs, laquelle a rendu possible la Shoah.

Il est conseillé au lecteur de prêter une attention toute particulière au paragraphe en italique vers la fin de cette citation de Martin ROSENBLUM :

« ... Les personnes âgées, les malades, les femmes enceintes et les petits enfants, deux mille âmes juives innocentes, ont été fusillés et brutalement jetés dans des fosses creusées de frais, les uns sur les autres. Beaucoup d’entre eux étaient encore vivants ! En effet, pour la plupart des enfants ils ne gâchaient pas une balle. Ils étaient juste jetés dedans vivants avec ceux qui n’étaient que blessés et mouraient sous la pression de la masse humaine.
Le matin suivant, quelques-uns des blessés furent capables de sortir des fosses en rampant et parvinrent à marcher quelques mètres, mais ils moururent peu de temps après...
La plus grande fosse contenait un millier de corps, et les deux plus petites contenaient cinq cents corps chacune. Nous apprîmes ce massacre par la police polonaise elle-même. Ils racontèrent tout cela en détail à notre ami Moshe Hersh parce qu’ils avaient eux-mêmes pris part à ce massacre.
« Le dimanche suivant, ils allèrent à l’église avec leurs familles, comme si rien ne s’était passé. Ils ne souffraient d’aucun sentiment de culpabilité. Après tout, ils ne faisaient qu’assassiner des Juifs, avec la bénédiction de leurs prêtres, qui les enflammaient depuis leurs chaires le dimanche. »

ROSENBLUM Martin, cité dans GILBERT Martin, THE HOLOCAUST : A HISTORY OF THE JEWS DURING THE SECOND WORLD WAR La Shoah : histoire des Juifs durant la Deuxième Guerre mondiale, Henry Holt, New York, 1985, p. 445, italique de l’auteur

  • ROSENBLUM fut le seul survivant de sa famille. Voici le récit des dernières minutes qu’ils ont passées ensemble, avant que lui et certains de ses camarades d’école ne s’échappent de la ville :

« Il est impossible de décrire la souffrance de ces quelques instants avant notre séparation. Je n’oublierai jamais les yeux sages de mon père et les larmes de ma mère quand nous nous sommes embrassés pour la dernière fois. Dans mes pires cauchemars je n’aurais jamais imaginé que je me séparais de toute ma famille pour toujours, pour ne jamais les revoir. » (Ibid. p. 444)


[2] PRAGER et TELUSHKIN, Ibid. p. 108.


[3] HILLBERG Raul,THE DESTRUCTION OF THE EUROPEAN JEWS La destruction des Juifs européens (édition en un volume), Holmes & Meier, New York, 1985, p. 7 et suiv.


[4] Pour se faire une opinion objective de l’hostilité juive (rabbinique) envers Juifs et / ou non-Juifs qui croyaient en Jésus, voir FLANNERY Edward, THE ANGUISH OF THE JEWS L’angoisse des Juifs, p. 34-46, et les notes p. 303-305.


[5] Cité dans HAY Malcolm, THE ROOTS OF CHRISTIAN ANTI-SEMITISM Les racines de l’antisémitisme chrétien, Liberty Press, New York, 1981, p. 27.


[6] Ibid., p. 27-28.


[7] Ibid.


[8] Ibid.


[9] Selon FLANNERY :

« Un chroniqueur, Guibert de NOGENT (1053-1124), rapportait que les croisés de Rouen disaient :

Nous désirons combattre les ennemis de Dieu à l’est ; mais nous avons sous nos yeux les Juifs, une race plus ennemie de Dieu que toutes les autres. Nous faisons tout à l’envers. »

Et il poursuit : « De grandes hordes mal organisées de nobles, chevaliers, moines, et paysans - Dieu le veut sur leur lèvres tandis qu’ils partaient pour libérer la Terre Sainte de l’infidèle musulman - se sont soudain tournés contre les Juifs. » ANGUISH OF THE JEWS L’angoisse des Juifs, p. 90-91).


[10] PRAGER et TELUSHKIN, WHY THE JEWS ? Pourquoi les Juifs ?, p. 200, n°3.

Notez aussi p. 18 :

« Dans l’empire russe au cours des dix-neuvième et vingtième siècles, les lynchages de masse et meurtres de Juifs étaient si communs qu’un mot, pogrom , fut inventé pour décrire de tels incidents. »


[11] HAY, CHRISTIAN ANTI-SEMITISM L’antisémitisme chrétien, p. 54-56.

  • Le commentaire de HAY sur les derniers mots de Bernard, à savoir que les Juifs avaient le diable pour père, mérite d’être répété :

« Ce sont les paroles rapportées dans l’Évangile selon St Jean (VIII, 44) et adressées par le Christ à quelques Juifs durant une discussion dans le Temple à Jérusalem. Saint Bernard, suivant la coutume habituelle des commentateurs chrétiens, les a appliquées à tout le peuple juif, pas seulement de cette époque-là, mais pour tous les temps à venir. En 1941, le dirigeant nazi Julius STREICHER a adopté le même mécanisme dialectique quand il a recommandé l’extermination de ce peuple dont le père est le diable »Ibid. p. 56.

En d’autres termes, alors que le Nouveau Testament lui-même n’est pas antisémite, ses affirmations ont été utilisées plus tard dans les polémiques antisémites.

  • PRAGER et TELUSHKIN, cependant, soutiennent que selon le Nouveau Testament, tous les Juifs ont le diable pour père :

« Un Juif qui accepte Jésus comme étant le Messie et d’origine divine n’est plus un Juif, mais un chrétien. Le passage du Nouveau Testament Jean 8, 44, par conséquent, renvoie à tous les Juifs comme étant enfants du diable. » WHY THE JEWS ? Pourquoi les Juifs ? p. 93, en bas.

Mais cette affirmation ne peut pas être acceptée, puisque, dans la perspective du Nouveau Testament du premier siècle, il serait incorrect d’affirmer que « Un Juif qui accepte Jésus comme étant le Messie et d’origine divine n’est plus un Juif, mais un chrétien. » A l’époque de la rédaction de l’Évangile de Jean, les disciples juifs de Jésus étaient considérés comme Juifs, même par leurs opposants.

- Voir SCHIFFMAN (Lawrence H.), WHO WAS A JEW ? RABBINIC AND HALAKHIC PERSPECTIVES ON THE JEWISH-CHRISTIAN SCHISM Qui était juif ? Perspectives rabbiniques et halakhiques sur le schisme entre Juifs et chrétiens Ktav, Hoboken, NJ, 1985, ainsi que les chapitres cinq et huit de ce livre.

  • Quant aux paroles de Jésus : « Votre père c’est le diable », nous devons nous rappeler que selon le Nouveau Testament, toute personne , Juif et païen pareillement, qui nie la Seigneurie de Jésus ou continue à vivre dans le péché est à l’extérieur de la famille de Dieu, et ainsi est « du diable...sous l’empire du mauvais » 1 Jean 3, 8 ; 5, 19 La mission de Paul envers les païens était de les détourner « de l’empire de Satan vers Dieu » Actes 26, 18.

Le Nouveau Testament n’est pas plus antisémite qu’il n’est anti-païen ! On devrait aussi noter que, si les affirmations négatives sur Israël et le peuple juif sont les critères de l’antisémitisme, alors les Écritures hébraïques elles-mêmes (citant souvent les paroles mêmes de Dieu !) sont encore plus « antisémites » que le Nouveau Testament (voir, par exemple, des passages comme Ezéchiel 2, 3-8 ; 3, 7 et Ésaïe 30, 9).


[12] Ibid., p. 56.


[13] Ibid., p. 57.


[14] Voir TRACHTENBERG Joshua, THE DEVIL AND THE JEWS : THE MEDIEVAL CONCEPTION OF THE JEW AND ITS RELATION TO MODERN ANTI-SEMITISM Le diable et les Juifs : la conception médiévale du Juif et sa relation avec l’antisémitisme moderne, Yale Univ. Press, New Haven, 1943.


[15]HAY, Ibid., p.76 et 81.


[16] Ibid., p. 86.


[17]Ibid., p. 87.


[18] LUTHER Martin, THAT JESUS CHRIST WAS BORN A JEW Ce Jésus-Christ était né Juif réimprimé dans TALMAGE Frank Ephraim, édit. DISPUTATION AND DIALOGUE : READINGS IN THE JEWISH-CHRISTIAN ENCOUNTER Contestation et dialogue : lectures d’une rencontre judéo-chrétienne, Ktav / Anti-Defamation League of B’nai B’rith, New York, 1975, p. 33.


[19] En français, dans le texte, N.D.T.


[20] LUTHER Martin, CONCERNING THE JEWS AND THEIR LIES Au sujet des Juifs et de leurs mensonges, rééd. dans TALMAGE, DISPUTATION AND DIALOGUE Contestation et dialogue, p. 34-36.


[21] Cette affirmation luthérienne récente est typique :

« Nous ne pouvons pas accepter ni fermer les yeux sur les violentes attaques verbales du Réformateur contre les Juifs. Les péchés de ces remarques anti-juives de LUTHER et la violence de ses attaques sur les Juifs doivent être reconnus avec une grande détresse, et toute occasion de péché similaire dans le présent ou à l’avenir doit être éliminée de nos églises... Les luthériens d’aujourd’hui refusent d’être liés par toutes les paroles prononcées par LUTHER contre les Juifs »

Fédération Luthérienne Mondiale, 1984 -célébrant le cinq centième anniversaire de la naissance de LUTHER- cité dans HIZAK Shlomo, BUILDING OR BREAKING Bâtir ou briser, Jerusalem Center for Biblical Studies and Research, 1985, p. 32.

- Pour une analyse de l’impact et de la signification de l’affirmation de l’église catholique de 1965 : NOSTRA AETATE Notre époque, voir FISCHER Eugene, RUDIN James et TANNENBAUM Marc, édit., TWENTY YEARS OF JEWISH-CATHOLIC RELATION Vingt ans de relations judéo-catholiques, Paulist Press, New York / Mahvah, 1986.


[22] KITTEL Gerhard, de son livre DIE JUDENFRAGE La question juive, cité dans KLEIN Charlotte, ANTI-JUDAISM IN CHRISTIAN THEOLOGY L’anti-judaïsme dans la théologie chrétienne, traduit par QUINN Edward, Fortress Press, Philadelphie, 1978, p.12-13.


[23] Robert P. ERICKSEN, THEOLOGIANS UNDER HITLER Les théologiens sous Hitler, Yale Univ. Press, New Haven, 1985, p. 76 et 74.


[24] À l’époque les Nazis forçaient les Juifs à porter une étoile jaune sur leurs vêtements :

« Une situation délicate était créée pour les églises quand les Juifs baptisés venaient au culte avec l’étoile... Les représentants de l’église luthérienne-évangélique dans sept provinces invoquèrent les enseignements de Martin LUTHER pour déclarer que les chrétiens aux racines juives n’avaient pas leur place et aucun droit dans une église évangélique allemande »

HILLBERG Raul, THE DESTRUCTION OF THE EUROPEAN JEWS La destruction des Juifs européens, p. 58.


[25] Je recommanderais la lecture du livre de Malcolm HAY, souvent cité dans ce chapitre, à tous ceux qui veulent de plus amples preuves du honteux héritage d’antisémitisme « chrétien ».